Kinshasa, la ville où l'on meurt trop : quand la mort devient une habitude nationale


 

Depuis quelques jours, une question me hante : combien de personnes meurent chaque jour à Kinshasa ?

Je ne parle pas seulement des décès annoncés dans les médias. Je parle de toutes ces vies qui s'éteignent dans les hôpitaux, dans les quartiers populaires, sur nos routes, à la suite d'une maladie, d'un accident, de l'insalubrité ou simplement parce que les soins sont devenus inaccessibles pour beaucoup de familles.

Selon certaines estimations démographiques, Kinshasa pourrait enregistrer entre 330 et 500 décès par jour. Derrière ces chiffres se cachent des pères, des mères, des enfants et des jeunes dont les rêves s'arrêtent brutalement.

La récente visite du Président Tshisekedi autour du Grand Marché de Zando a mis en lumière une réalité que nous connaissons tous : l'insalubrité continue de gangrener notre environnement. Pourtant, ce problème ne se limite pas à quelques rues de la capitale. Il touche de nombreux quartiers où les déchets, les eaux stagnantes et le manque d'hygiène favorisent les maladies.

À cela s'ajoutent la pauvreté grandissante, les difficultés d'accès aux soins, la dégradation des infrastructures sanitaires, les accidents de circulation et les épidémies récurrentes.

Le plus inquiétant est peut-être que nous semblons nous habituer à cette situation. Nous voyons les corbillards passer. Nous assistons aux enterrements. Nous présentons nos condoléances. Puis nous reprenons notre quotidien comme si tout cela était normal.

Mais ce n'est pas normal.

Une société ne devrait jamais s'habituer à perdre autant de vies dans des circonstances souvent évitables.

La question n'est pas de chercher des coupables. La question est de savoir ce que nous pouvons faire collectivement — autorités, professionnels de santé, acteurs communautaires et citoyens — pour faire de la protection de la vie humaine une priorité nationale.

Car derrière chaque décès se cache une famille brisée, une histoire interrompue et une perte pour toute la nation.

Qu'en pensez-vous ? La santé publique et l'assainissement reçoivent-ils l'attention qu'ils méritent aujourd'hui en RDC ?


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