Face à l’insalubrité
chronique, à l'insécurité et à la dégradation des services de proximité, les
communes de Kinshasa souffrent d'une crise de gestion aiguë. Transformer nos bourgmestres en véritables managers
publics dotés d'outils de planification stratégique constitue l'unique levier
pour restaurer l'action publique locale.
Une gestion à l'aveugle face aux urgences du quotidien
Le constat est sans appel : les 24 communes de la
capitale congolaise échouent à répondre aux attentes fondamentales de leurs
administrés. Qu'il s'agisse des dépôts sauvages d'immondices, de
l'entretien défaillant des caniveaux, des coupures d'eau ou de la montée du
banditisme urbain, l'action communale se cantonne trop souvent à une réaction
désordonnée et impuissante.
Cette faillite généralisée s'explique par un déficit de
compétences en leadership public et en management territorial. Privées d'outils de planification, ignorant la
démographie réelle de leur juridiction et dépourvues de banques de données
fiables, les équipes communales gèrent au jour le jour sans vision
pluriannuelle ni priorisation des dépenses. Un bourgmestre ne peut plus se contenter d'être un
représentant administratif passif : il doit s'imposer comme un gestionnaire de
territoire, capable de concevoir des projets, d'optimiser les ressources et de
mobiliser les partenaires locaux.
Le renforcement des capacités comme impératif de gestion
Pour rompre avec cette logique d'échec, la
professionnalisation des exécutifs communaux est une urgence absolue. Il s'agit de doter chaque maison communale d'un socle
managérial moderne : diagnostic territorial, tableau de bord, plan stratégique
sur quatre à cinq ans, budgétisation axée sur les résultats et mécanismes
clairs de redevabilité.
L'acquisition de ces compétences permettrait aux
bourgmestres d'élaborer des réponses structurées aux crises d'insalubrité et
d'inondation. En maîtrisant la gestion des risques, la participation
citoyenne et la mobilisation des recettes, la commune deviendra un acteur clé
du développement de proximité. Il ne s'agit pas de pallier l'absence de moyens
financiers par la seule formation, mais d'apprendre à négocier des partenariats
et à maximiser l'impact de chaque franc congolais investi.
L'heure du changement
La modernisation de Kinshasa exige la transformation
radicale de son échelon administratif le plus proche des citoyens. En investissant prioritairement dans le renforcement
des capacités des bourgmestres et de leurs équipes, la Ville-Province posera
les bases d'une gouvernance locale prévisible, transparente et résolument
tournée vers le service public.
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