Salubrité à Kinshasa : Les balais du Service National ne suffisent plus face aux montagnes de déchets

 



Face à l'insalubrité chronique qui étouffe Kinshasa, la bonne volonté des bâtisseurs du Service National armés de simples balais ne suffit plus. Pour offrir à la capitale la propreté qu'elle mérite, le gouvernement provincial et national doivent moderniser l'équipement urbain et ériger l'hygiène en véritable culture citoyenne.

Chaque jour, les Kinois observent avec un mélange de respect et de désolation le trava

il des bâtisseurs du Service National. Armés de balais artisanaux et de brouettes, ces jeunes se battent pour balayer les immenses artères de la capitale. Pourtant, la réalité est sans appel : Kinshasa est trop sale pour un assainissement manuel. Vouloir nettoyer de grands boulevards et autoroutes urbaines avec des outils de ménage relève d'un effort titanesque mais inefficace face au volume quotidien de déchets.

Investir dans des équipements industriels à la hauteur des enjeux

Kinshasa ne manque pas de ressources financières pour équiper correctement ses services de salubrité. Il est désormais urgent d'acquérir des véhicules industriels adaptés à une mégapole de plus de quinze millions d'habitants. La ville doit se doter de camions poids lourds équipés de systèmes d'aspiration ultra-puissants, de balayeuses et de laveuses de voirie automatisées avec de larges réservoirs à déchets. Seule une mécanisation poussée permettra de maintenir durablement la propreté des grandes voies publiques et de préserver la dignité des travailleurs du Service National.

Faire de la propreté une véritable « religion » citoyenne

L'acquisition d'engins modernes ne résoudra qu'une partie du problème si la population n'adopte pas de nouveaux comportements. L'hygiène publique doit devenir une religion quotidienne pour chaque Kinois et pour l'ensemble des Congolais. Aujourd'hui, les chaînes de télévision locales négligent quasi totalement la sensibilisation à la salubrité publique. Pourtant, l'accumulation de détritus et le manque d'hygiène mènent directement aux épidémies, aux hôpitaux et parfois aux cimetières.

Il est indispensable de déployer un plan national de communication agressif pour impulser un véritable changement de mentalité. Les médias, les écoles et les associations doivent être mobilisés pour enseigner le respect du domaine public.

Le dévouement des bâtisseurs du Service National mérite d'être soutenu par des moyens techniques modernes et par une prise de conscience collective. En associant un équipement de pointe à une éducation civique rigoureuse, la République démocratique du Congo pourra enfin redonner à Kinshasa son éclat et protéger la santé de ses citoyens.■

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